Le Nigéria, une puissance agricole à l’horizon 2021 : «Ce sera la faillite pour nos producteurs», dixit Clovis ADANZOUNON-PDG Groupe APIAS – EPISODE 3/4

Dans la suite de notre entretien, voyons avec l’expert du Groupe APIAS, les résultats de cette stratégie pour les deux pays.

  • Mr le PDG du Groupe APIAS, Selon votre expertise, la stratégie commerciale utilisée par le Nigéria peut-elle se révéler en faveur du Bénin ? Comment ?

Il y a toujours un bien à tirer d’une situation fâcheuse. En 2003, quand il y a eu fermeture des frontières pour raisons sécuritaires, les gouvernants béninois ont pris des résolutions qui ont été saluées par les Nigérians.

Cette fois-ci, les choses sont un peu différentes. En effet, la fermeture concerne tant les produits manufacturés en réexport vers le Nigéria que tous les produits agricoles locaux du Bénin. Et à l’heure actuelle des centaines de camions de vivres attendent et risquent l’avarie.

Si après l’ouverture des frontière, le Nigéria venait à élargir les mesures d’interdiction de réexportation des produits manufacturés aux produits locaux béninois, ce serait la catastrophe voire le désarroi pour les producteurs locaux béninois. Ils ne pourront plus vendre leurs produits au Nigéria car ce dernier travaille à devenir une puissance agricole. Le Nigéria dans ce cas, pourrait mettre en place des mécanismes contraignants de validation et d’homologation des produits locaux étrangers.

La conséquence d’une entrée difficile sur le marché nigérian pour nos productions locales serait la disponibilité de ces produits pour la consommation nationale. Mais ce n’est pas ce que souhaitent souvent les producteurs. Par ailleurs le Nigéria devenu une puissance agricole va inonder les marchés voisins de ses produits à prix très compétitifs. Et alors, ce sera la faillite pour nos producteurs agricoles, avicoles, etc.

C’est dire que le pire reste à venir pour le Bénin.

Le Nigéria sera à l’horizon 2020, une puissance agricole et s’imposera à ses voisins. Les indices de cette évolution se constatent depuis au moins deux (02) ans déjà. En effet, de nos observations il ressort que les pénuries ou la cherté des fruits en période du jeûne musulman ne s’observe plus. Les fruits comme l’orange, la banane, produits localement sont disponibles durant toute l’année à prix abordables. C’est là une conséquence du développement agricole nigérian. Car c’est ce marché qui absorbait la majeure partie de nos productions locales.

Ceci pour dire que l’avenir n’est pas du tout reluisant.

Il importe que les Autorités béninoises réagissent pour d’une part rechercher de nouveaux débouchés pour les productions agricoles béninoises. D’autre part, il faudra identifier clairement les produits ou actions qui peuvent s’inscrire dans les mêmes chaînes de valeur que les produits nigérians afin que le Bénin les leur apporte et favoriser la mise en place de cartels ou de conglomérats.

Je voudrais inviter une fois encore nos amis lecteurs à se familiariser avec nos différents services en visitant notre site web www.apiasbenin.com pour y trouver toute compétence souhaitée dans le domaine.

  • Mr le PDG du Groupe APIAS, Le Bénin avait anticipé sur les soubresauts de son voisin de l’Est. Mais pensez-vous que le Bénin soit véritablement à l’abri ?

 Non, notre Etat n’est pas à l’abri dans cette situation. Il dépend étroitement du Nigéria, quoi qu’on dise. La réalité est là.

Nous avons appris que les Chefs d’Etat ont échangé sur le sujet au Japon. C’est la preuve qu’il y a malaise et que les effets concernent tous les pays.

  • Mr le PDG du Groupe APIAS, Quelles sont les dispositions à prendre par le Bénin pour ne plus en sortir perdant ?

 Dans la présente situation, il y a lieu de travailler durablement à réduire cette dépendance. Et ça passe par la réduction du secteur informel et la promotion d’un secteur formel suffisamment orienté vers la production.

Par ailleurs, pour l’avenir, il importe qu’une veille constante soit faite tant sur le Nigéria que sur tous les pays voisins.

Pour ce faire, les entreprises et les opérateurs doivent se doter de « cellule de veille » ou recourir aux sociétés qui interviennent dans ce domaine comme le cabinet APIAS.

Les gouvernants aussi ne doivent pas trainer les pas. Aujourd’hui plus que jamais, le Bénin doit se doter d’une politique nationale d’Intelligence économique.

Nous savons que la DGAE fait un travail dans ce sens. Mais comme nous l’avons signifié à cette institution il y a quatre ans de ça, ce n’est plus l’affaire d’une seule cellule. Il faut une politique nationale avec une organisation qui implique plusieurs entités à savoir, la diplomatie, l’économie, la sécurité, etc.

                                                                                                     A suivre…              

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